Fiche pratique n°4: Empathie et sympathie, le super pouvoir et sa Kryptonite(1).


Illustration : la graphisteuse , Instagram, Linkedin



Empathie ou sympathie ? la question peut sembler anecdotique, mais il s’avère qu’elle est centrale pour un coach et par extension à toute personne qui souhaite établir des relations saines et productives avec ses salariés ou ses collègues.


Commençons donc par le début : Nous sommes des mammifères et cela à quelques conséquences….


Nous sommes des « animaux sociaux », nous avons survécu en grande partie par notre capacité à former des groupes, à fonctionner ensemble en considérant « l’autre », comme « un autre moi ». Ainsi, malgré un physique qui ne nous est pas extrêmement favorable : pas de grandes dents, pas de carapaces, pas de force extraordinaire, etc… Nous avons passé les âges jusqu’à envahir totalement notre biosphère.


Vous pouvez me dire, « oui, d’accord, mais c’est surtout notre intelligence qui a permis notre développement ». Certes…. Mais il semble que notre intelligence, sans capacité de transmission et de mise en œuvre collective ne puisse aboutir qu’à la succession d’émergences sans lendemain. D’autre part, notre intelligence est le résultat conjoint de son support biologique (le cerveau) et d’un environnement social qui lui permet de se développer (contre exemple des enfants sauvages (2) ).


Mon pré requis est donc que le fonctionnement collectif, et tous ses attributs, sont un élément essentiel de notre nature, de notre développement et de notre survie.


Nous en arrivons donc naturellement à quelque chose que la plupart d’entre nous savons : c’est ensemble que nous nous développons et que nous réussissons. Se pose donc la question : comment faisons-nous pour être « ensemble » ? ce n’est pas une simple mécanique, un ajout successif d’éléments et de compétences. Nous sommes aussi en relations avec nos affects, nos façons de voir, nos sensibilités. Comment réussir si l’autre nous est étranger et incompréhensible ? Pour cela, nombre de séminaire et de formations existent pour développer l’intelligence collective, l’intelligence émotionnelle, la cohésion d’équipe, etc… derrière toutes ces approches, un moteur : notre capacité à nous comprendre, nous reconnaitre et nous articuler.


La bonne nouvelle : nous sommes biologiques équipés et programmés pour réussir ce challenge. Nous sommes dotés d’émotions, nous ressentons notre environnement. D’autre part, nous avons la capacité de percevoir ce que ressentent nos congénères. Nous pouvons nous « mettre à leur place » , percevoir leur perception et , même, imaginer ce qu’ils pensent . La découverte des neurones miroirs(2) a donné des hypothèses crédibles sur les bases anatomiques de ce super pouvoir.

En pratique nous sommes donc naturellement doués de la capacité d’empathie et nous pouvons voir l’autre comme un miroir de nous-même.


Grace à cette capacité, nous pouvons modéliser des comportements, faire émerger la confiance, la coopération et l’intelligence collective.


La mauvaise nouvelle : nous sommes des êtres complexes et il ne suffit pas d’être doué d’une capacité pour l’utiliser, et, pour l’utiliser à bon escient.


Pour certains la capacité d’empathie est très faible ou détournée de sa fonction primaire. Ils ne perçoivent l’autre que superficiellement ou avec une grande distance. Ce déficit ou ce détournement de nos compétences empathiques les amène à considérer les autres comme des objets qui les servent ou qu’ils peuvent jeter. C’est une vision plutôt utilitariste dans laquelle les affects sont ego centrés ou inaccessibles. Le comportement est souvent une alternance entre une relation de séduction pour obtenir ce que l’on souhaite, et de violentes réactions de rejet, car « l’objet » ne sert plus. Humainement c’est terrible, car ce comportement est incompréhensible pour quelqu’un qui a intégré l’autre comme une personne sensible : « Comment peut-il agir de la sorte ? » , Je ne rentrerai pas dans l’explication du pourquoi, car, les origines sont diverses et discutées (développement de l’enfant, contexte social, déséquilibre neuronal, etc..) mais, il est important de savoir que ce dysfonctionnement est renforcé par le stress et n’est pas déterminé une fois pour toute (à quelques exceptions près...). À minima, il faut apprendre à s’en protéger, et peut être, les ouvrir peu à peu à cette dimension qu’ils ne perçoivent pas.



Pour d’autre au contraire, tous les ressentis sont amplifiés. Le contact avec une personne les amène à ressentir pleinement les émotions de l’autre et à être submergés par cet afflux. C’est ce que l’on nomme des « hyper empath ». Le super pouvoir est tellement exacerbé qu’ils perçoivent les émotions de quelqu’un qui, lui-même, ne les conscientise pas. C’est épuisant. Si vous avez autour de vous de telles personnes, soyez indulgents si elles semblent sur réagir ou si elles ont parfois besoin de quitter un lieu qui est trop « chargés » pour eux.


Dans ces 2 cas de figure, la réalité est nuancée. Cela peut dépendre de la période ou du moment, du contexte, du niveau de stress pour voir ces dysfonctionnements exacerbés ou être juste une tendance.


Enfin, pour la grande majorité d’entre nous, nous percevons les ressentis extérieurs (il a l’air triste, je ne le sens pas, etc…) mais il existe un piège majeur : la confusion. Ce que je ressens est il le résultat de mon appréhension de l’environnement ou est-ce la perception de l’autre que je perçois ? », « je n’étais pas triste avant de le voir et pourtant je le suis maintenant ? Pourtant cela ne me concerne pas ?»


En effet, si l’empathie nous donne des informations qui nous permettent d’être en lien, la sympathie est un processus dans lequel nous ne nous différencions plus clairement de l’autre : s’il se sent triste, nous sommes tristes, s’il se sent en colère, nous sommes en colère et, s’il se sent impuissant, nous sommes impuissants. Nous nous « noyons » dans le vécu de l’autre. Vous pouvez donc voir à quel point cette confusion nous empêche.

Cette différence est essentielle pour un coach, un manager mais, plus largement, pour chacun d’entre nous. Comment accompagner, manager, aider, être dans en lien avec qui que ce soit si nous ne différencions pas ce que nous sommes de ce qu’est l’autre ? Être capable de ressentir tout en différenciant ce qui émane de notre vécu et de ce qui « appartient » à l’autre ? C’est par nos différences et notre capacité d’articuler nos individualités que nous sommes collectivement performants. Pas dans une fusion indifférenciée ou nos richesses individuelles sont diluées.


En conclusion, nous avons tous un super pouvoir mais nous ne sommes pas égaux dans notre capacité à y faire appel et à l’utiliser sainement. Mais ……ça s’apprend.


Alors, peut-être allez-vous dorénavant être plus attentif à vos ressentis ? Plus prudent avec ce que vous imaginez de l’autre ? Plus curieux ?


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(1) Pour ceux qui ne connaitraient pas Superman, son point faible est la Kryptonique.


(2) https://www.franceinter.fr/info/les-enfants-sauvages http://lesenfantsdelapsychanalyse.com/fondamentaux/questions-contemporaines/158-la-folie-de-l-enfant-n-existe-plus-bonne-nouvelle


(3) https://nospensees.fr/neurones-miroir-empathie/

https://www.pourlascience.fr/sr/article-fond/les-neurones-miroirs-1419.php


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