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Mis à jour : 26 mai 2019

Ce blog à pour objectif de partager les expériences, les connaissances, les coups de coeur.

J'ai choisi pour ce premier post de publier le texte d’un ami, Jean Luc Chesneau, extrait de la revue « Passe Murailles* » intitulé « Passage, l’illusoire stabilité ».

Pourquoi initier ces communications par un tel article ?

Les notions de passage, de changement, de transition, de processus de transformation… sont intimement liées au métier de formateur, de coach, de psychosocionome. Les concepts, les méthodes ont pour finalité d’accompagner des personnes, des équipes et des structures d’un point A à un point B, d’une situation insatisfaisante à une situation souhaitée. Ces moments de « Passage » sont au cœur de l’activité de PsychosocionomiePro, et, l'analogie n'est elle pas belle ?


« La polysémie du mot s’adresse aussi bien aux confins de soi qu’au bercement entre un ici et un là-bas ».


*  « Passe Muraille» est une revue « Objet Artistique Non Classable » https://www.facebook.com/revuepassemurailles/


Passage, l’illusoire stabilité

Jean-Luc Chesneau


Parlant de progression sur un itinéraire ou, plus largement, d’événement topographique, on dira, selon le lieu et la circonstance : allée, brèche, canal, chemin, chenal, col, couloir, défilé, détroit, fissure, gorge, goulet, gué, issue, passée, passerelle, piste, port, sas, sentier, seuil, sillage, trace, traverse, trouée, tunnel, venelle, voie, etc.

Ou bien, selon que l’on se trouve ici plutôt que là dans l’Hexagone (pour n’envisager que nos parages) : acourcho, adrèce, airiotte, arrec, arroudenn, balse, banell, bia, bocca, bouet, caminère, canau, carrol, clute, coche, coigt, colla, cooulour, cot, cou, courada, escanat, estrangladé, foce, forcle, frau, gasquet, glavinière, golet, gorgo, gouloun, ibia, kluft, lautaret, malpas, mendilepo, moussou, passièro, pourtel, pourtiola, repire, roudou, stretta, strizhode, trabuc, treiz, valeuse, wé, etc.

Mais si l’on s’aventure dans l’orbite du rituel, dans le fait d’avancer dans un processus éphémère ou dans le champ de l’impulsion ou encore de l’extrait, on pourra le traduire par accès, bribe, cession, circonstance, circulation, citation, déplacement, fragment, franchissement, moment, transfert, transit, transmission…

Dynamique du mouvement, continuité territoriale ou temporelle, alternance intérieur-extérieur et vice-versa, passation. La polysémie du mot s’adresse aussi bien aux confins de soi qu’au bercement entre un ici et un là-bas.

Passage.

« Tiréde‟pas”,passusen latin, passage désigne le déplacement, l'acte de se déplacer. Une marche vers ailleurs (à côté, plus loin, plus haut...), une enjambée, un cheminement, un processus de transformation en train de s'opérer, et non déjà effectué; en même temps que le lieu où s'effectue ce processus, sa trace ou son support, que ce soit au sens morphologique, spatial, géographique ou bien métaphorique. »(Martin de la Soudière, Le paradigme du passage, revue Communications n°70. Il cite en exergue ce beau proverbe oriental : « Ce que la chenille appelle la mort, le maître l’appelle le papillon ».)

Passe Murailles, en ce n°3, sans faire du mot une récurrence impérieuse, a déclinéle passage (et son pluriel) en de multiples contributions éclairant, par ses multiples acceptions, l’expérience de chacun·e (en force ou en douceur) en matière de lien ou de rupture, de métamorphose ou de disponibilité, d’identification ou de renouvellement. Même quand il se nomme deuil, le passage est un enrichissement. Portés vers les orées, les limites, les accointances et la fraternité, le trait d’union et l’articulation, la vision et l’ouverture, textes et images donnent corps et cœur aux franchissements.

Quand nous avons imaginé, il y a maintenant plus de quatre ans de cela, ce que pourrait être cette revue, nous avions dans nos souvenirs celui d’un autre titre, disparu : Passage(Cahiers de l’alpinisme). En ouvrant le n°6 (1981), parcourant l’éditorial signé…Montaigne, on peut lire*: « Le monde n’est qu’une branloire pérenne (…) La constance même n’est autre chose qu’un branle plus languissant. Je ne puis assurer mon objet. Il va trouble et chancelant, d’une ivresse naturelle (…) Je ne peins pas l’être. Je peins le passage. »

* Recopié en français du jour.


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